LIVINGSTONE

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Livingstone : garage blues et protéines US


« En 2014, nous sommes partis en tournée aux Etats-Unis (35 dates, 10 états, 13000 km). Arrivés au Texas, on s’est bien sûr envoyé le fameux Tomahawk (une côte jumbo de bœuf Longhorn, en forme de hache indienne). Boostés à la viande locale, nous avons dans l’après-midi même trouvé un tourneur pour notre prochaine virée américaine ».

Le bœuf (bleu, svp) serait donc l’un des secrets de l’énergie et de la puissance de Livingstone, ce rock combo parisien dont le logo figure déjà un bison en pleine charge : trois jeunes musiciens bourrés de protéines US !

On s’en doutait un peu à l’écoute de leurs compositions.

Garage blues et protéines US

La musique charnue et anglophone de ce trio formé en 2010, exposée illico sur un EP éponyme, prend encore du muscle et du volume avec Explore, leur premier album paru en avril 2014. Monté dès le départ sur un solide châssis de rock et de blues sudistes, le style de Livingstone s’affirme désormais en dix compositions à la fois sereines et fiévreuses. Des brûlots contemporains comme « Fade Away », « Crying In A River Of Gold », « Grey Slave » (dont la vidéo utilise des images filmées au cours de leur Tour américain de 2014) ou le rugueux « Never Break » s’écorchent aux riffs barbelés du guitariste et chanteur Thomas Chazerain. Ils s’épaississent dans les fréquences infra basses d’une Epiphone vintage, celle de Théophile Olivier (basse et chœurs) et son look de Stu Cook (Creedence Clearwater Revival), et sous les coups de butoirs du batteur Romain Hoffschir. Réalisé par Andrew Lyden (Mick Jagger, Femi Kuti, Lee Scratch Perry), enregistré avec le guitariste Tiwayo en invité, l’opus mêle les influences du rock 70’s, du blues et une pincée d’Americana (fusion de country progressive, de folk contemporain et de roots rock). Si le genre se juge moins par sa faculté à innover que par son authenticité et la personnalité de ses compos, Livingstone se hisse d’emblée dans le registre de ses contemporains Rival Sons ou Black Keys. En live, la force tranquille, les lyrics ciselés et la Gibson teigneuse du trio balayent tout commentaire inutile sur ses origines parisiennes. La dimension de Livingstone est internationale.

L’album Explore est d’ailleurs paru au moment de la tournée du trio aux Etats-Unis (au printemps 2014). Une aventure inoubliable, un voyage initiatique de Nashville à Los Angeles : de la route, du blues, des publics et des médias enthousiastes. De belles rencontres aussi, avec Ben Kweller (l’ex Radish), avec Black Pistol Fire (le furieux duo canadien d’Austin, Texas) ou Vance Powell (l’ingénieur du son de Jack White). Autant de contacts, autant de liens sur lesquels Livingstone peut compter pour enrichir sa deuxième tournée aux USA prévue pour le début de l’été 2015. Un nouveau raid américain que notre trio mettrait à profit en enregistrant là-bas son deuxième album. En attendant, Livingstone sera de nouveau sur les routes en France et en Allemagne courant février et mars, et l’on peut d’ors et déjà découvrir en vidéo « Heavy Night », l’un des titres du prochain album filmé l’année dernière « Live at Sum ».

Robert Lapassade

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